• Nathalie Lefèvre

Rompre avec la dépendance affective

Mis à jour : 9 juil. 2018

La question se pose pour chacun d’entre nous : comment surmonter nos échecs sentimentaux ? Ou alors, pourquoi nous plaignons-nous de notre couple, au point de laisser s’installer des situations inextricables, voire dangereuses pour l’autre et pour nous ? Une seule raison : la dépendance affective.




















Le spectre de la solitude

Oui, nous avons tous peur d’être seuls. Dans une société où la mort est devenue le tabou par excellence, la solitude est ce qui y ressemble le plus. Pourtant, la solitude ne tue pas ! Mais la peur de la solitude peut nous détruire de l’intérieur.

Nous participons bien souvent à cette autodestruction. Comment ? En nous acharnant. Et nous ne faisons alors qu’approfondir cette névrose qui est la nôtre, cette crainte de la solitude : car nous sommes déjà seuls, et nous nous isolons encore plus.

Pascale Piquet appelle cette situation inextricable la « samba de la névrose », qui s’exprime par un adage bien connu : « suis-moi, je te fuis, fuis-moi, je te suis ». Cela peut sembler ridicule, mais peut malheureusement conduire à des situations de violence conjugale.

Pourquoi ? Parce que plus l’un donne à l’autre, et moins l’autre donne en retour. Pascale Piquet nous décrit ainsi deux rôles dans le couple névrotique : le désespéré, qui donne sans espoir de retour, et le trou noir, qui aspire sans rien donner en retour. Même lorsque les deux partenaires appartiennent à la même catégorie, ils ont rapidement tendance à se répartir les rôles, lorsqu’ils sont atteints par ce besoin d’amour névrotique.


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Être soi-même, même en couple !

Les couples fusionnels sont devenus la règle, ceux qui suscitent l’enthousiasme. À tort. La fusion consiste bien souvent dans la disparition d’un caractère au profit d’un autre.

Mais comme tout un chacun craint la solitude, nous pensons qu’il est nécessaire de pratiquer le compromis. Jusqu’où va-t-il ? Est-il si nécessaire ? Si le compromis implique de sacrifier notre personnalité, c’est que nous ne sommes pas au bon endroit.

Hélas, nous ne nous en rendons souvent compte que trop tard. C’est pourquoi il est toujours bon d’autopsier nos relations mortes, pour savoir ce qui a échoué. L’amour ne s’use pas, mais il se détériore si nous ne l’entretenons pas.

Sur quoi repose une relation ?

Pour Pascale Piquet, l’amour repose sur quelques principes fondamentaux : confiance, respect, admiration, complicité. On ne peut parvenir à cela que si nous sommes en accord avec l’autre à propos de nos valeurs, de nos sentiments, de nos désirs. Le désir ne suffit pas ; mais vous le saviez déjà, non ?

Bien sûr, il arrive que nous soyons attirés par quelqu’un qui ne nous ressemble en rien. Mais une fois dans le couple, si nous n’avons rien en commun avec cette personne, cela ne durera pas. On peut aller au-delà des apparences, on ne peut pas aller au-delà des discordances. L’essentiel, avant tout, est de ne pas se sentir victime. La souffrance n’est pas une étape, c’est le symptôme d’un malaise, d’une incompatibilité. Si nous n’arrivons pas à la résoudre, cela ne sert à rien de rester.

Chacun trouve son confort et son bonheur comme il le peut ; mais s’inventer un bonheur revient à se cacher le malheur que nous vivons au fond de nous. Alors l’anxiété monte, conduit au surmenage et à la dépression.

Être heureux en couple implique finalement de s’accepter avant tout, comme une personne à part entière, et de comprendre l’autre comme telle. Cela n’implique pas d’être seulement exigeant ; cela implique aussi de nous demander qui nous sommes. Profitez du beau temps !

Nathalie Lefèvre et Gary Laski

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