• Nathalie Lefèvre

Notre rapport avec l'argent

Mis à jour : 12 janv. 2018

Nous avons refusé de perdre notre vie à la gagner, et du coup, nous n’osons pas nous mettre en valeur. Pourtant, les idéaux de partage ne sont pas simples à soutenir lorsqu’on est dans la gêne.



Nous sommes nombreux à avoir du mal avec l’idée que nous valons mieux que ce que nous sommes payés. Nous sommes nombreux à avoir conscience de la nécessité du partage et de la convivialité, à faire des choix de vie ou nous privilégions l’humain, pour nous retrouver finalement dans la souffrance due au manque.


Nous pouvons tous changer cela. Ana Sandrea nous a mis sur la voie, et elle peut aider tous ceux qui le veulent à maîtriser leur vie.

Quel est notre rapport à l’argent ?


Notre rapport à l’argent est ambigu. Depuis l’Antiquité, il existe des vocations monacales. On considérait qu’une voie spirituelle consistait à tout abandonner, et à vivre de l’aumône. Hormis en Inde, et à partir d’un certain âge, ces choix sont devenus socialement difficiles à soutenir. Opter pour une vie spirituelle authentique doit aujourd’hui se faire au sein de la vie mondaine. C’est un véritable défi.


Ana Sandrea nous rappelle à ce propos que la diabolisation de l’argent est en elle-même contre-productive. Certes, nous pouvons avoir l’impression que l’argent est en train de détruire le monde, que tout devient marchandise, même l’intimité. L’argent n’est pourtant que la matérialisation du pouvoir.

Sans argent, rien ne peut se faire : ni en mal ni en bien. Nous pouvons décider de ne pas nous laisser contrôler par l’argent, comme nous pouvons décider de ne pas nous laisser abuser par des paroles ou nous laisser intimider. Ce n’est pas parce que nous aurons de l’argent que nous serons immédiatement corrompus, et réciproquement, la pauvreté ne nous rend pas nécessairement vertueux.

Ce n’est donc pas l’argent qui est un problème, mais le rapport que nous entretenons avec lui.


Pourquoi un tel tabou avec l'argent ?


Nous vivons dans un pays où l’argent est encore un tabou. Peut-être parce que la répartition des richesses est longtemps restée très inégalitaire. Plus certainement parce que, comme le soulignait déjà Machiavel il y a plus de 500 ans, la France est un pays où l’on trouve de tout en abondance, sauf de l’argent.


Puisque tout ce qui est tabou est sacré, il y a toujours eu une tendance chez nous à économiser, à cacher. Que nous vivions dans le pays qui a inventé l’impôt annuel, et où l’irruption de l’argent papier a créé de graves crises économiques (Law, assignats), a certainement contribué à maintenir ce tabou millénaire.


De fait, comme le souligne Ana Sandrea, si nous détestons ou si nous méprisons l’argent, cela reste un problème. Car il est difficile de nous plaindre de manquer de ce pour quoi nous éprouvons une réelle aversion.


Cette mécanique psychologique est particulièrement sensible chez les thérapeutes, qui ont refusé de mener une vie où le travail ne compte que pour l’argent qu’il rapporte, afin de se consacrer au bien-être des autres. Résultat : seuls 5 % des thérapeutes arrivent à vivre de leur activité, et seulement 1 % en vivent bien.


La valeur du travail : je vaux plus que ça !


L’argent est très lié à la valeur que nous nous donnons. Affecter de mépriser l’argent est une façon d’affirmer une renonciation au monde de la marchandise, mais c’est aussi une manière de ne pas nous considérer à notre juste valeur.


Il est plus facile de nous dire que notre travail vaut peu, et de nous enorgueillir de nos difficultés, que de prendre le risque d’être rejetés parce que nous donnons une valeur juste à notre travail. Pourtant, si notre choix de vie se porte vers l’humain, c’est que notre travail a de la valeur. C’est à nous de la faire respecter ; renoncer est plus facile.

Prenez soin de vous !


Nathalie Lefèvre et Gary Laski

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