Les angoissés de Noël

Mis à jour : 30 avr. 2018

C’est un peu un tabou, les fêtes de Noël doivent être joyeuses. Tout le monde doit se réjouir. Et ceux qui angoissent… c’est qu’ils ne savent pas profiter de cet instant, dit-on. La réalité est tout autre, et ceux qui redoutent cette fête méritent toute notre attention.

Noël est un moment central de notre vie familiale. Et en tant que tel, il peut aussi être un moment difficile à vivre pour certains d’entre nous.

Beaucoup de sentiments cachés refont surface


Pour beaucoup d’entre nous, donc, Noël n’est pas un bon moment. Toute l’affection que nous avons pour notre famille se réveille, mais aussi les rancœurs, les souffrances. Il faut donc être à l’écoute.


Pour certains, par exemple, Noël, c’est le moment de l’absence d’un proche qui vient de les quitter. C’est l’angoisse de la chaise vide, au bout de la table, qui rappellera que la famille ne sera plus jamais la même.


Noël est aussi une angoisse du point de vue des cadeaux. Untel a toujours peur que ses cadeaux ne suffisent pas, ne plaisent pas, et se sent donc obligé de faire plus qu’il ne peut. Un autre sera très vexé de n’avoir reçu qu’un cadeau peu onéreux, qui lui fait sentir qu’il ne compte pas pour beaucoup dans la famille.


D’autres tombent même malades, ou se rendent malades, pour ne pas venir. Car il y a d’anciennes émotions refoulées, qui datent souvent de l’enfance, et qui n’ont pas été traitées.


C’est le moment du jugement. On a l’impression que l’on va se retrouver devant un miroir déformant, et qui ne sera pas vraiment à notre avantage, quand on va raconter sa vie à nos oncles, nos tantes, nos parents ou nos grands-parents.


Parfois, aussi, des rancunes tenaces se réveillent. A-t-on toujours été moins bien traité ou aimé que sa sœur ou son frère ? Nos enfants, nos femmes ou nos maris peuvent avoir le même sentiment. On se sent lésé, et parfois même envieux. Et ça se perpétue, d’année en année, jusqu’à ce que les parents décèdent, et que l’on ne se téléphone plus, que l’on ne se voie plus.

Faire retour sur soi pour mieux se comprendre


Noël est avant tout une fête de la convivialité. Il n’y a pas que le côté commercial. Ce qui est important, c’est avant tout de se sentir bien ensemble. Pour parer à la cherté des cadeaux, de plus en plus de gens organisent des Noëls où tout le monde fait ses cadeaux soi-même.


Il faut aussi comprendre pourquoi on appréhende Noël, à quoi cela renvoie. Pourquoi culpabilisons-nous ? Pourquoi avons-nous du ressentiment envers un tel ou tel autre ? Noël est là pour nous rappeler que nous sommes les membres d’une famille.


Car les angoisses qui surgissent à ce moment-là nous renvoient à des problèmes qui existent au fond de nous, et ce, tout au long de l’année. Nous avons le pouvoir de les résoudre, et de ne pas attendre que Noël arrive pour prolonger un non-dit, une répétition qui peut durer des années, avec des ressentiments que l’on n’a pas le courage ou l’envie d’éteindre.


Les rapports que nous entretenons avec notre famille reflètent celui que nous avons à nous-mêmes. Lorsqu’un fils ne vient pas fêter Noël avec ses parents, il coupe en quelque sorte avec eux. Il les fuit, mais il se fuit aussi lui-même, comme ces familles qui évitent le reste de leur parentèle en allant passer les fêtes à l’étranger.


Notre famille nous a façonnés, et nous en voyons les résultats chaque fois que nous nous réunissons. Mais entre-temps, nous avons la possibilité de résoudre nos conflits, pour faire de cette fête une belle réunion.


En retour, il nous revient de ne pas dédaigner ceux pour qui Noël est une souffrance. Quitte même à savoir parfois faire place à un étranger chez soi, afin qu’il ne reste pas seul ce soir de l’année, où il est dans la norme de faire la fête ensemble.


Soyez heureux, et bonnes fêtes !


Nathalie Lefèvre et Gary Laski


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