• Nathalie Lefèvre

L'amour de soi : le grand amour, c'est vous

Le grand amour, on connaît tous… de nom, au moins. La quantité de livres et de films dont c’est le propos est innombrable. Cela fait partie de notre culture : il nous est naturel de vouloir trouver l’âme-sœur, le partenaire qui nous convient, qui nous comblera.

Mais ce n’est pas si simple ! Déjà, parce que nous attendons que l’autre comble nos manques plutôt que nos désirs. C’est qu’il ne peut y avoir de grand amour qui ne soit précédé d’un célibat constructif : voilà ce dont m’a entretenu, dans une émission Géraldyne Prévot-Gigant, psychopraticienne et auteure d’un ouvrage intitulé : "Le grand amour, se préparer à la rencontre".



Ecoutez notre podcast : Le grand amour, se préparer à la rencontre

Pourquoi le grand amour ?


C’est vrai, pourquoi ? Au-delà du phénomène culturel, nous recherchons un autre nous-mêmes, ou du moins quelqu’un avec lequel nous aurons une relation intense et constructive. Mais le grand amour est une préoccupation de célibataire, en général. Cela veut dire que l’on a eu une relation précédente qui n’a pas marché. Notre quête d’idéal amoureux est marquée par nos déceptions précédentes, et par notre dépendance affective présente.


Or si nous ne nous aimons pas nous-mêmes, comment peut-on attendre de l’autre qu’il nous voue cet amour inconditionnel que nous espérons tant ? C’est pourquoi le grand amour se prépare d’abord par un amour de soi, un accomplissement personnel. Il faut être sûr(e) de soi pour être sûr(e) de l’autre.

Les vertus du célibat


Le célibat, en fait, loin d’être un calvaire, est une chance. C’est une période de liberté où nous pouvons nous exprimer, nous accomplir, sans nous demander si cela plaira ou non à notre partenaire. C’est un moment où nous pouvons travailler sur nous-mêmes, nous enrichir par de nouvelles relations, de nouvelles activités. Surtout, c’est un moment où nous pouvons relâcher cette tension intérieure qui nous habite lorsque nous sommes avec l’autre, et que nous existons presque toujours par l’autre.


On associe trop facilement grand amour et coup de foudre. À tort ! Nous espérons qu’un grand événement va bouleverser notre vie sans que nous n’ayons rien à faire. Mais les coups de foudre ne donnent pas toujours naissance à de vraies relations.

L’épanouissement du couple ne peut se faire que par un accomplissement personnel où chaque progrès est un pas significatif. Il faut prendre le temps d’apprécier les petits plaisirs de la vie, les progrès que nous faisons petit à petit, les moments agréables. C’est à partir de ces points d’ancrage que nous pourrons tisser une relation solide et durable.


Osez la solitude !


Mais être libre d’être soi, qu’est-ce que ça veut dire ? Déjà, ne pas être inhibé dans ses désirs et dans ses rêves. Nous vivons dans une société où nous n’osons plus rêver, où l’on construit des rêves à notre place. Le célibat nous donne le temps de nous poser ces questions et de les résoudre. Il permet aussi de s’aimer soi-même ! Car la rencontre du grand amour commence avant tout par une rencontre avec soi-même, la découverte de son propre mystère. Mais cela n’empêche pas non plus de travailler sur soi une fois la rencontre faite.

Les célibataires souffrent de la solitude et se demandent comment trouver celui ou celle qu’il leur faut. Mais si l’on voyage, si l’on multiplie les rencontres, si l’on repousse les limites habituelles de son cercle intime ou si l’on se lance dans des projets personnels, on commence d’abord par rencontrer les autres. L’amour vient ensuite.


Et puis, s’aimer, c’est aussi prendre soin de sa solitude et de celle de l’autre. Ce n’est qu’en passant par ce vide intérieur que l’on fait de la place pour l’autre…

Soyez heureux !


Nathalie Lefèvre et Gary Lasky


Découvrez également notre article sur la dépendance affective.

VOUS ÉCOUTEZ EN DIRECT RADIO MÉDECINE DOUCE 

© Radio Médecine Douce 2018