• Nathalie Lefèvre

Art-thérapie : peignez votre âme

Avez-vous déjà imaginé que la peinture puisse changer votre vie ? Je ne vous parle pas d’aller au musée, même si je vous y encourage évidemment. Mais de peindre, de dessiner, vous-même.


Quand nous sommes enfants, nous le faisons naturellement, sans avoir peur du regard des autres. Mais, étrangement, nous ne le faisons plus quand nous sommes adultes.

On prétend toujours avoir autre chose à faire, mais la réalité est bien différente : nous avons perdu notre spontanéité d’enfant, et nous avons peur d’y accéder à nouveau, de mettre sur le papier ce qui nous ressentons au fond de nous. Autant le reconnaître : nous avons tous une part d’ombre. Nous avons tous des craintes et des colères profondément enfouies, qui nous bloquent, nous limitent, nous freinent.

Et c’est précisément ce à quoi nous a invité, sur notre antenne, Brigitte Schabaillie, art-thérapeute de profession.

Le dessin : un espace cathartique

Les peintres, comme les écrivains, se servent de leur art pour se sauver, pour combattre leurs difficultés intérieurs. Une fois que le blocage est face à nous, nous pouvons en faire ce que nous voulons, mais tant qu’il est en nous, nous ne pouvons pas le saisir, il nous échappe sans cesse.

Ce n’est pas facile de prendre un carnet pour écrire, mais c’est plus facile de dessiner ou de peindre.


Ecoutez notre podcast sur l'art-thérapie avec Brigitte Schabaillie.

Alors, bien sûr, il faut transgresser notre peur du ridicule. Même si nous ne voulons montrer notre résultat à personne, nous nous jugeons d’avance.

Nous pensons qu’il est absurde de peindre ou de dessiner quand on n’a aucune technique. Au fond, nous avons surtout peur de nous montrer ce que nous ressentons. Nous préférons nous censurer. Car, lorsque nous dessinons, c’est l’inconscient qui parle. Rappelez-vous, quand vous étiez enfants. Si quelque chose n’allait pas, s’il restait du sombre en vous, vous ne pouviez pas vous empêcher de le dessiner. Le dessin était alors le paysage de notre âme.

Dans le dessin, pourvu qu’on se laisse aller, tout est symbolique, tout fait sens. Cela importe beaucoup plus que n’importe quel critère artistique ! Bien sûr, nous préférerions peindre quelque chose de beau du premier coup, un travail plus conforme à nos goûts artistiques. Mais si je veux peindre quelque chose de beau, c’est pour me donner une plus haute opinion de moi-même. Cela ne m’enseignera pas grand-chose ni sur moi, ni sur ce que je ressens ces derniers temps, ni sur ce que je dissimule au fond de moi.

Une créativité qui grandit en nous

La créativité, c’est d’abord l’expression. Prendre notre place dans la société, ou la reprendre, passe d’abord par l’exposition de notre malaise, sa canalisation. C’est en ce sens que l’acte créatif est libérateur !

Cela nous permet aussi de dépasser des moments difficiles, nos angoisses individuelles comme nos stress collectifs. L’essentiel est de faire parler, voire même crier cette voix au fond de nous, qui ne demande qu’à résonner dans le monde. Quitte à brûler après nos premiers dessins, pour conjurer tout à fait nos angoisses

Ce travail peut être effectué avec une art-thérapeute, bien sûr, et c’est même recommandé, si vous avez des émotions ou des blocages trop profondément enfouis pour les faire sortir vous-mêmes.

Mais vous pouvez aussi faire ce travail seul ! Il suffit de prendre du papier, de quoi dessiner, et de créer, sans égard pour le regard d’autrui. C’est aussi simple que ça !

Et vous verrez, avec le temps vous aurez de plus en plus envie de créer, de vous exprimer. Car l’épanouissement passe forcément par le plaisir !

Nathalie Lefèvre


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