Apprendre à gérer son égo

Mis à jour : 9 juil. 2018

Et qu’est-ce que l’ego ? Nous savons tous que nous en avons un, et qu’il prend à l’occasion le dessus si l’on nous traite d’égoïste, par exemple. Mais il s’agit d’une question bien plus vaste que notre petit intérêt personnel. Il s’agit de savoir quelles sont nos priorités.


Nous avons tous en nous deux versions de notre moi, une grande et une petite. La grande considère le monde tel qu’il est, les gens tels qu’ils sont, et s’efforce de vivre selon ses sentiments et disons-le, ses inclinations.



Le petit moi, celui que l’on appelle l’ego, ne perçoit pas le monde comme un tissu d’interactions. Il conçoit le monde en termes de survie. Comment vais-je faire pour persister, et surtout, comment m’imposer aux autres pour qu’ils ne me marchent pas dessus ?


L’ego, c’est nous contre le monde entier. Le grand moi, c’est nous dans le monde. Le premier parle en termes de conflits, l’autre en termes d’entraide. L’un rétrécit notre horizon, l’autre l’élargit. L’un souffre, l’autre apprécie. Et Serge Marquis se propose de nous faire passer du premier au second.


Les pelures identitaires


L’ego n’a pas toujours existé. Il s’est affirmé dans l’humain au fur et à mesure de son évolution, afin de défendre un territoire. Nous n’avons plus les mêmes besoins territoriaux, mais pourtant, nous avons exactement les mêmes réactions territorialistes, comme si notre survie se jouait sur nos projets, nos choix et nos réactions.


Le problème que pointe Serge Marquis relève de ces apparences que nous revêtons pour nous sentir exister socialement. De fait, quand ces vêtements nous sont enlevés, qu’il s’agisse de véritables vêtements, ou de notre travail, ou même de notre souffrance, nous avons l’impression d’être diminués, voire de n’être plus au monde.


Pourtant, nous sommes malgré toutes ces apparences. Nous existons malgré nous, au-delà de l’idée que les autres se font de nous, par notre présence, par notre capacité à aimer. Cet amour mérite que nous en soyons nous-mêmes l’objet.


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L'ego comme obstacle à la présence à soi


On peut croire que l’ego, ce petit moi, est nécessaire pour arriver dans la vie, pour « faire sa place », acquérir un certain confort, mettre les siens à l’abri du besoin. Mais nous, quand existons-nous ?


Plus nous défendons notre « territoire », ou plus simplement nos positions sociales, moins nous pensons à nous-mêmes. Au lieu de nous consacrer à ressentir, nous et les autres, à apprécier le monde tel qu’il est, nous canalisons notre énergie pour le conflit, avec les autres mais aussi avec nous-mêmes.


Un autre problème survient lorsqu’on se rend compte que l’ego est perpétuellement insatisfait. Quand est-on vraiment en sécurité ? La sécurité n’est-elle pas une illusion ? Il y a toujours des dangers, des menaces.


Ne faudrait-il pas nous remettre en question une fois pour toutes, méditer ce que nous voulons vraiment, éprouver de la gratitude envers ce que la vie nous a donné ? Si nous sommes tristes, n’est-ce pas parce que nous ne nous sommes pas assez écoutés, que nous n’avons pas été attentifs à nous-mêmes et à nos sentiments ?


Nous avons tous ce pouvoir de préférer le grand au petit moi. Cela ressemble à un risque à prendre, celui de se regarder, de se reconnaître sans défense, d’affronter ses sentiments. Mais de l’autre côté, pouvons-nous nous contenter d’illusions ? Pouvons-nous sciemment perdre notre vie à nous efforcer de la mériter ?


Passez à la vitesse supérieure !

Nathalie Lefèvre et Gary Laski

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